La fête de la violette – La belle liégeoise

Toulouse, samedi 6 février. Le temps est particulièrement beau, le ciel limpide, la température printanière et la fête de la violette ouvre sa 10ème édition. Il n’en faut pas plus pour m’armer de mon appareil photo en quête d’instantanés dans la ville rose, pour capturer la vie violette.

Je longe les berges de la Garonne pour échapper au bruit de la circulation sur l’avenue de Muret. Nouvellement refait, le chemin est fréquenté de piétons, cyclistes, de joggeurs et de flâneurs. J’emplis mes poumons dans cette parenthèse, entre ville et fleuve, saisie d’un sentiment de liberté renouvelé.

J’aborde le quartier Esquirol, pris d’assaut par la foule. Je remarque les nombreux sacs aux bras des passants : ah, oui, les soldes courent toujours et le peuple après elles.

Cela dit, ce n’est pas tout à fait vrai : été comme hiver, chaleur ou froid, soldes ou pas, le centre ville est toujours noir de monde le week-end. Toulouse fête toute l’année la joie de vivre, l’envie de le démontrer, de s’agiter ; Toulouse est un cœur qui bat d’un rythme régulier, immuable.. insouciant.

Je bifurque dans la rue des Changes pour remonter vers la place du Capitole où se déroule la fête de la violette.

Les boutiques charrient une populace satisfaite, déterminée ou curieuse et flâneuse. Les effluves des commerces de bouche titillent mes narines. J’en suis le subtil filet, après mon odorat, ma vue découvre l’objet de ce soudain intérêt alimentaire : une gaufre. Mais pas n’importe quelle gaufre !la belle liégeoise

Celle-ci, dans la main du passant, est dorée à souhait, elle semble croustillante et moelleuse à la fois. Je dois en savoir plus. J’approche la boutique et là, une queue digne de Pom’cannelle sur l’île Saint Louis* ! Les clients s’agglutinent autour d’une petite vitrine où deux ma
chines à gaufres exhalent leur fumet. Je m’installe, objectif au poing, papilles en alerte, pupilles à l’affût pour découvrir le secret de la prestation : une pâte à brioche ferme et souple à la fois, puis une gaufre dorée et enfin, le chocolat !

La gaufre au chocolat, ici, ne se résume pas au mince filet de sauce parfumée versé sur la la belle liégeoiseviennoiserie. Non, ici, à l’aide d’une tige, on perce trois trous sur le côté de la gaufre et on y glisse autant de petites barres de chocolat noir qui fondent délicieusement sous la chaleur de la pâte tout juste décollée de son moule. Un régal pour les yeux, pour le nez, pour la bouche !!

Satisfaite d’un plaisir simple et gourmand, je reprends mon chemin par la rue Saint Rome vers la place du Capitole…

*Pom’Cannelle est un glacier-crêperie (dépositaire de glaces Bertillon) situé sur l’île St Louis, rue des DeuxPonts à Paris. Découvert sur le conseil de mon banquier (à l’époque où l’on rencontrait de « vrais conseillers » derrière un comptoir), cette boutique simple a priori, offre une palette de gourmandises de qualité, des parfums de glace à se damner, à des prix très raisonnables. Mon conseiller, qui n’avait pas l’adresse en tête m’avait dit « vous ne pouvez pas les rater, il suffit de suivre la queue sur le trottoir ! ».  Et c’est vrai, je l’ai trouvé comme ça ! Incontournable !

Sophie
Ecrivain Biographe, exerce à Toulouse et région Sud Ouest.

3 commentaires

  1. Je ne sais pas vous, mais une description pareil, ça me met l eau à la bouche. Je la veux cette gauffre!!
    Quel talent Sophie! c est si bon de te lire, comme ça, tranquille au petit matin, dans la chaleur de son chez soi.
    Donne nous en encore…
    Guylène

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